Entre héritage parisien et élégance intemporelle, Chloé Harrouche, la créatrice de Loulou de Saison, imagine une mode subtile pensée pour accompagner les femmes.
Quelle est l’origine de ce nom, Loulou de Saison ?
“Loulou”, c’est ma fille, mon petit porte-bonheur ; “de saison” évoque le temps qui passe, avec un côté plus mode. J’aime cette dualité. Il y a un clin d’oeil aussi à Loulou de la Falaise. Le coquillage, notre enseigne, c’est comme un talisman, une petite protection qui enveloppe la femme, une douceur et une force. Puisque le vêtement va lui donner une assurance, la mettre en valeur.
Qu’est-ce qui vous a amené à créer cette marque, il y a six ans ?
Je suis très égoïste : je voulais des vêtements pour moi… et pour les gens que j’aime. Je voyais des femmes autour de moi qui travaillaient, qui avaient plusieurs vies dans la même journée, des enfants à l’école, un rendez-vous à la banque, puis une réunion de travail où il fallait être un peu plus mode,un déjeuner, puis un dîner en amoureux… et, à chaque fois, il faut trouver la bonne silhouette qui va bien. Par exemple, ce que je porte aujourd’hui, il y a un détail, là, sur le tee-shirt en soie, quelque chose de subtil, qui ne vient pas cannibaliser le regard, mais qui aide à mettre en valeur la femme que vous êtes. Il y a certaines pièces, comme les vestes et les manteaux avec une griffe à l’intérieur où il est écrit “Appartient à” pour écrire son prénom avec la date, si un jour on décide de le donner, c’est un détail caché…

Vous vous revendiquez plus française que parisienne ?
Je suis née et j’ai grandi à Paris. Nous sommes une marque française. Nous voulons revendiquer un état d’esprit, un savoirvivre français.Mais j’ouvre les yeux sur tout. Pour l’hiver, j’avais envie de revenir à quelque chose de plus habillé, de jouer avec les manteaux. J’ai été très inspirée par le New York des années 1960 à 1990. J’adore les manteaux. On retrouve cette idée du coquillage pour gagner en force, en confiance. J’aime voir les femmes s’épanouir. Jeune, j’étais quelqu’un de profondément timide, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le vêtement m’a aidée, la création aussi, à me sentir bien, à pouvoir m’exprimer pleinement.
Votre palette de couleurs est délicate avec beaucoup de noir et blanc et de temps en temps des touches de couleurs…
Dans la collection de cet hiver, on a du bleu marine, des palettes de brun, de gris, de beige. Le noir et blanc c’est notre identité. Cela permet de rythmer ces couleurs, de les faire cohabiter entre elles sans que cela soit agressif.
Il y a des matières particulières que vous aimez travailler, qui seraient un peu votre signature ?
J’ai besoin de m’amuser, et, chaque saison, je vais aller chercher une texture nouvelle. L’hiver dernier, c’était le cuir façon autruche, cet hiver, il y a beaucoup de plumes…
L’accessoire a un rôle important dans la silhouette ?
L’accessoire, c’est ma madeleine. Mon grand-père faisait des chaussures, il m’amenait dans son atelier, avec l’odeur des cuirs… Si je fais de la chaussure,un jour, il faudra le faire extrêmement bien, ne serait-ce que pour lui rendre hommage.
J’ai lu sur votre site ce que vous appelez le “manifesto” : vous parlez de beauté, de simplicité, de luxe subtil, presque comme une philosophie de la vie…
Pour moi, au-delà du vêtement, Loulou de Saison, c’est un art de vivre, une façon d’accueillir les gens, de proposer en boutique quelque chose où la cliente va se sentir comme dans un écrin, où elle va se sentir bien. Le luxe aujourd’hui, ce sont des détails. Le luxe, c’est le temps, c’est l’espace, mais aussi les gestes.
Vous pensez que vos vêtements expriment la simplicité ?
J’espère, en tout cas, c’est l’intention. C’est une simplicité élégante dans le détail, dans la sophistication cachée.

Collection automne-hiver 2026 de Loulou de Saison
Votre maison est en pleine expansion, quelles sont vos prochaines étapes ?
Nous venons d’ouvrir un corner à Nice, sur la Côte d’Azur, bientôt un autre à Bordeaux, nous sommes chez Bloomingdale’s, qui a réouvert récemment à New York, et j’aimerais ouvrir encore une troisième boutique à Paris. Nous avons beaucoup de projets. Je tiens à développer la marque, voir au-delà du vêtement et peut-être apporter plus aux gens qui aiment la maison.
Propos recueillis par Anne Delalandre
Image principale: © Loulou de Saison



