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D’après Global Market Insights, la taille du marché mondial du whisky a atteint plus de 67 milliards d’euros en 2025, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2035. Cet engouement pour le spiritueux élaboré à base d’un moût de céréales ne se dément pas au fil des ans. Il faut dire que la diversité des profils organoleptiques et des origines a de quoi séduire néophytes et amateurs. Ainsi, les produits américains (whiskeys et bourbons) et canadiens, au profil doux et faciles à boire, se sont fait une large place dans l’univers de la mixologie, portés par de grands classiques tels que le old fashioned ou le manhattan. Le segment des whiskies irlandais, eux aussi réputés pour leur douceur, continue également à progresser en séduisant les consommateurs novices, peu habitués au feu de l’alcool.
Mais la grande catégorie qui tire le marché reste les scotchs, ces whiskies venus d’Écosse, et notamment les single malt, dont les Français sont si friands, puisque l’Hexagone est le premier marché pour ce spiritueux à base d’orge maltée issue d’une seule distillerie. En parallèle, longtemps considérés comme des outsiders, les whiskies français semblent avoir trouvé leur place sur un marché très concurrentiel où les Japonais font figure de niche avec une image très haut de gamme et artisanale de leurs produits, parfois usurpée. Pendant longtemps, l’essentiel des whiskies japonais que l’on pouvait trouver sur les rayons des cavistes n’avait de nippon que le nom, et les jus provenaient essentiellement du Canada, avant d’être embouteillés dans l’archipel et d’obtenir ainsi la mention « Japanese Whisky ». Depuis le printemps 2024, une législation restrictive a mis en place des règles claires qui permettent désormais de certifier que les spiritueux sont bien élaborés et vieillis au Japon. Étonnamment, alors que les prix s’effondrent en grande distribution, la catégorie des whiskies très haut de gamme attire de plus en plus d’amateurs. Les grands groupes alcooliers parlent de premiumisation du marché, avec des flacons qui peuvent atteindre plusieurs centaines, voire des milliers d’euros pour les éditions au compte d’âge les plus importants. En début d’année, Aberlour a ainsi dévoilé une édition de 50 ans d’âge, éditée à seulement 20 carafes pour le monde, dont deux dédiées à la France, et au prix coquet de 35 000 euros.

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De son côté, Glendronach, la distillerie des Highlands, dans le nord de l’Écosse, a révélé un 56 ans, distillé en 1968 et élevé pendant plus de cinq décennies dans les meilleurs fûts de xérès, à l’abri des tumultes du monde dans les chais. Whisky le plus ancien et le plus prestigieux jamais présenté par la maison, il est réservé à une élite avec un prix de vente de 45 000 euros pour l’un des 200 flacons numérotés. Quant à Old Pulteney, ce sont deux éditions limitées qui sont dévoilées à l’occasion de son bicentenaire. Avec un 30 ans et un 50 ans d’âge, la distillerie des Highlands rend hommage à 200 ans de tradition et de savoir-faire. Fruit de l’assemblage de quatre fûts d’exception sélectionnés par Sarah Burgess, maîtresse assembleuse de la maison, le Old Pulteney 50 ans constitue une pièce de collection unique avec son coffret en chêne écossais qui renferme une carafe en cristal soufflé à la bouche. Une rareté qui se mérite, puisqu’il faut débourser près de 30 000 euros pour espérer obtenir l’une des 200 bouteilles proposées à la vente pour le monde.
À ces niveaux de prix, les acheteurs mettent-ils les carafes sur une étagère soigneusement protégée ou se régalent-ils de ces divins nectars ? En tout cas, le marché des ventes aux enchères des whiskies rares semble avoir retrouvé un peu de sérénité après un emballement incroyable post-Covid. Désormais, les collectionneurs recherchent les vraies raretés, à l’origine certifiée, et les éditions limitées, par définition rares. Ces connaisseurs avertis ont plus un profil d’investisseurs que de jouisseurs, capables de siroter ces spiritueux d’exception entre amis juste pour le plaisir, ou les décorateurs, qui se satisfont du plaisir de regarder les flacons sur étagère. Ces collectionneurs fortunés voient dans le monde du whisky une possibilité d’investissement au même titre que les voitures de course rétro ou les œuvres d’art et plus sûr que les cryptomonnaies à moyen terme. Pour les accompagner dans leurs investissements, il existe même des sites spécialisés tels que l’index Knight Frank ou le Rare Whisky 101, qui donne la cote des plus grandes raretés dont la rentabilité sur le long terme peut atteindre les 600 %… De quoi faire rêver.
Béatrice Delamotte
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