Le néon rouge se rallume sur la façade du 6 rue Pierre Fontaine. Le nouveau Bus Palladium qui réunit hôtel, restaurant et club, a ouvert ses portes le 10 avril 2026 après plus de 4 ans de fermeture.
C’est le 30 septembre 1965 que le néon rouge s’est allumé pour la première fois. A 22 ans, James Arch vient d’ouvrir un des clubs les plus mythiques de Paris. L’idée était de créer un endroit libre où les mondes qui ne se rencontrent jamais se mêleraient à pas de danse. Pour baptiser le lieu, il emprunte le nom «Palladium» en référence à une boîte de nuit new-yorkaise. Il y rajoute «Bus» : né à Asnières-sur-Seine, il a l’idée d’organiser un service de bus-navette pour que les jeunes de banlieue puissent rejoindre sa boîte contre un ticket à 2 francs.
Des personnalités publiques deviennent des habitués. Serge Gainsbourg s’y rend presque tous les soirs, et y écrit même sa chanson «Qui est in ? Qui est out ?». Léo Ferré, Michel Delpech écrivent eux aussi sur ce lieu mythique du monde de la nuit. Jane Birkin décrit le lieu comme un laboratoire mental, «un de ces endroits où un artiste se sent immédiatement inspiré sans savoir exactement pourquoi. »
En 1966, le Bus Palladium de James Arch ferme pour tapage nocturne après un intense, mais bref, succès. Repris par plusieurs directeurs artistiques depuis 1974, de nombreuses stars se sont produites sur scène, comme Patti Smith, ou sont simplement venues danser, comme Al Pacino et Robert de Niro. En 2022, après 57 ans d’existence, le Bus Palladium ferme ses portes.
C’est en 2019 que Christian Casmèze rencontre Nicolas Saltiel et lui propose de transformer le Bus Palladium, dont il a hérité de sa famille, en un hôtel cinq étoiles correspond à l’art, à la musique et à la culture. Aujourd’hui, le lieu renaît regroupant un hôtel cinq étoiles, un bar, un restaurant, un rooftop, et au sol-sol, le club mythique. Derrière le projet, Nicolas Saltiel et Christian Casmèze, le Studio KO, Caroline de Maigret, Valentin Raffali et Lionel Bensemoun.
«Un hôtel, à mes yeux, c’est une narration. Une histoire qui éveille les sens, déploie une palette d’émotion, et si elle est réussie, vous exalte.» raconte Nicolas Saltiel, co-propriétaire gérant du Bus Palladium.
Karl Fournier et Olivier Marty, cofondateurs du Studio KO, redessinent le bâtiment en un façade minimaliste sablée et creusent 14 sous terre pour obtenir 12 niveaux. L’intérieur de l’hôtel transporte dans une ambiance cinématographique des années 60 et 70. Les chambres sont en béton brut au plafond et en liège sur les murs avec des rideaux en velours. Les tables de nuit continent des objets d’artistes chinés : cassettes, livres, répliques…
Au restaurant, une moquette aux motifs de cristaux psychédéliques donne l’impression de regarder le monde à travers un kaléidoscope. Au centre, un cube de verre encapsule un bout de forêt vierge : un poumon vert fait de plantes immenses.
Lionel Bensemoun reprend la direction artistique du club. La programmation n’a pas de style et cela en fait la force du lieu, où l’amour de la musique, celle qui fait danser est primordiale. Une à deux fois par semaine, la salle se transforme en scène où s’enchaînent concerts, musiciens ou encore cabaret, en début de soirée, avant que les platines ne prennent le relais.
Bus Palladium
6 rue Pierre Fontaine, Paris IXème
Noémie Jalu
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