Les héros des opéras de Wagner n’ont plus de secret pour lui. Depuis une douzaine d’années, Andreas Schager a endossé tour à tour les rôles de Parsifal, Tristan, Lohengrin, Tannhäuser et Siegfried sur les plus grandes scènes lyriques, de Berlin à Vienne, de la Scala de Milan au Festival de Bayreuth, le temple dédié à la musique de Wagner.
Après Parsifal et Tristan und Isolde en 2018, puis un Ring à huis clos enregistré pour France Musique en 2020, il revient enfin à Paris dans Siegfried, le troisième volet de la Tétralogie, suivi du Crépuscule des dieux et de deux cycles du Ring – L’Anneau du Nibelung – à l’automne.
A la question : «Comment le spectateur novice peut-il se lancer dans une odyssée musicale de quinze heures ?», il répond : «Laissez-vous toucher par la musique de Wagner comme par une musique de film. La saga des Nibelungen est la plus grande et la plus importante épopée héroïque allemande, qui a notamment servi de base au Seigneur des anneaux. A elle seule, et grâce à la musique monumentale et unique de Wagner, elle justifie d’y aller.»
Rien ne destinait ce marathonien de la scène aux aigus radieux à cette carrière de helden-tenor (ténor héroïque). Le jeune Andreas a 14 ans quand le décès prématuré de son père bouleverse une enfance paisible dans la ferme familiale. Il se passionne alors pour le chant classique en écoutant les disques de Fritz Wunderlich. Avant ses 20 ans, il entre dans le chœur de la Wiener Singakademie et étudie la musique à l’Académie de musique et des arts du spectacle de Vienne. Puis il chante un peu Mozart et surtout des opérettes viennoises pendant dix ans. Un remplacement à Salzbourg dans la Symphonie n° 9 de Beethoven lui vaut une invitation au Festival d’Erl en 2009 dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg. «Ce fut ma première rencontre avec la musique de Wagner.»
Un autre remplacement dans Siegfried en 2012 marque un tournant. «Le grand Daniel Barenboim m’a ensuite offert une place de choix dans son Opéra, le Staatsoper Unter den Linden de Berlin.» Et le succès éclate. Depuis dix ans, le Festival de Bayreuth l’invite. Il lui fait l’honneur de chanter en 2026 Rienzi, une œuvre de jeunesse, donnée pour la première fois sur la Colline verte à l’occasion des 150 ans du festival.`

Alice de Chirac
Image principale : ©David Jerusalem
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