À Paris, les cloches ne sonnent plus. Elles fondent. Les chocolatiers ont compris depuis longtemps que Pâques est bien plus qu’une fête pour enfants. C’est un prétexte, le meilleur qui soit, pour faire quelque chose de beau. Et de bon. Cette année, j’ai déambulé dans la capitale, arpenté les adresses mythiques et les maisons de caractères, pour repérer les œufs qui valent vraiment le détour.
Le plus parisien : le Café-Croissant de Léandre Vivier pour Le Burgundy
Voilà l’œuf qu’on n’attendait pas. Léandre Vivier, pâtissier du Burgundy, imagine un croissant plongé dans une tasse de café. Le visuel est irrésistible, mais c’est en le mangeant que ça devient sérieux. La coque en chocolat au lait abrite un praliné amandes-café, ponctué d’éclats de croissant toast qui apportent une longueur en bouche qu’on ne voit pas venir, mais terriblement addictive. En édition très limitée, autant dire : maintenant ou jamais.
Le Burgundy Paris, 6-8 rue Duphot, Paris Ier
En édition limitée

Le plus audacieux : le Lapin de Plaq
PLAQ joue dans une autre catégorie. Leur lapin en chocolat noir ne cherche pas à séduire par sa forme. Sa singularité réside dans son cœur. Et quel intérieur ! Un praliné au sésame noir du Japon, peu sucré, qui vient bousculé le fruité du chocolat noir de manière déconcertante. Un œuf de voyageur, qui raconte l’ouverture à d’autres cultures culinaires, pour ceux qui ont le palais curieux.
PLAQ, 4 rue du Nil, Paris IIe et 57 rue du Cherche-Midi, Paris VIème
Du lundi au vendredi de 11h à 19h30, le samedi de 10h à 19h30 et le dimanche de 10h à 18h30

@FedericaSimoni
Le plus espiègle : l’œuf Toqué de Yannick Alléno
Le clin d’œil est évident : une toque miniature posée sur un œuf de Pâques portant sa veste de chef. Derrière cette apparente légèreté se cache une gourmandise sans sucre raffiné, qui laisse la place à la complexité naturelle des ingrédients. Le chocolat noir 55% s’associe à un duo de pistaches d’Iran et de Sicile. Tandis que la toque dissimule quelques mignardises qui prolongent l’expérience. Un œuf à l’image du chef : direct, sans chichi.
Les Chocolats de Yannick Alléno, 9 rue du Champ de Mars, Paris XVIIe ou 25 rue du Vieux Colombier, Paris XVIe,
Du lundi au dimanche de 11h à 19h30

Le plus piquant : l’Hérisson de Pâques de Patrick Roger
Impossible de parler de Pâques sans lui, et il le sait. Patrick Roger ne fait pas des œufs : il fait des sculptures comestibles. Cette année encore, ses trompe-l’œil s’inspirent du monde animal et végétal. Et en première ligne, son hérisson en chocolat noir pur origine Madagascar. À l’intérieur des fritures en praliné et des moulages plein en trois chocolats. La beauté n’est jamais une excuse pour négliger le goût.
Patrick Roger, Rue des Archives, Paris IIIème. Rue de Sèvres, Paris VIème. Place Saint-Sulpice, Paris VIème. Boulevard Saint-Germain, Paris VIème. Place de la Madeleine, Paris VIIIème. Rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIIème. Avenue Victor Hugo, Paris XVIème.

Le plus printanier : les œufs Fleurs de Ladurée
On ne résiste pas. Ladurée transforme en jardin. Des teintes pastel, un Eugénie (coque de macaron) nichée au cœur de chaque création, des perles d’amandes enrobées de chocolat qui forment une corolle. Dedans : biscuit sablé, caramel fondant, enrobage craquant. Les parfums naviguent entre les classiques lait et noir, jusqu’à la pistache et l’ispahan. Cette association rose-litchi-framboise qui a fait la légende de la maison. Une façon de célébrer le printemps qui ne laisse aucune place au doute.
Maison Ladurée, 18 adresses dans Paris. Disponible en boutique.

©pmonetta
Le plus futuriste : Tanakio chez La Maison du Chocolat
Un bronze du sculpteur Jacques Owczarek transformé en moule à chocolat : l’idée seule mérite qu’on s’y arrête. Le crocodile Tanakio pèse plus d’un kilo, un beau bébé, et repose sur un socle de chocolat noir aux amandes et pistaches. La bête est farcie d’un praliné vanille et de crêpes dentelle, autour d’elle, un œuf aux noisettes du Piémont torréfiées et deux œufs bicolores escortent le tout. Chacun dissimulant bouchées crocodile, amandas et avelinas. C’est monumental.
La Maison du Chocolat, 52 rue François 1er, Paris VIIIe; 120 avenue Victor Hugo, Paris XVIe; 225 rue Du Faubourg St Honoré, Paris VIIIe; 19 rue De Sèvres, Paris VIe; 14 Rue De Bretagne, Paris IIIe; 17 Bd de Vaugirard, Paris XVe; 1 Cr de Rome, Paris VIIIe

Le plus couture : l’œuf de Pâques de Pierre Marcolini
Marcolini ne fait jamais rien comme les autres, et c’est pour ça qu’on l’aime. Cette année, il rend hommage à la Haute Couture française. Boutons et dés à coudre en chocolat noir, lait praliné noisette et blanc caramélisé se cachent dans l’œuf. Ce dernier, proposé en chocolat noir ou lait, se décline en deux tailles – médium ou large – selon votre degré de gourmandise. On hésite entre l’exposer ou le croquer.
Pierre Marcolini, 89 Rue de Seine, Paris VIème; 35 Bd Haussmann, Paris IXème; 60 Av. des Champs-Élysées, Paris VIIIème; 64 Rue du Commerce, Paris XVème; 38 Rue de Sèvres, Paris VIIème; 5 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris IVème

Le plus attendrissant : la Mad’Famille du Ritz Paris Le Comptoir
Chaque année, on la retrouve comme la sienne. La Mad’Famille. Mad’Poule, Mad’Lapin et Mad’Poisson composent un trio attachant, qui joue avec les codes de l’enfance. Chaque personnage possède sa personnalité gourmande, créant une collection joyeuse. Sous la coque de chocolat noire, le caramel aux cacahuètes salées de la Mad’Poule met tout le monde d’accord. Tandis que le Mad’Lapin célèbre la noisette dans un pralin onctueux et généreux. Le Mad’Poisson, plus délicat, associe noix de coco et chocolat blanc, pour une douceur enveloppante. Ces trois-là, on les offre aux enfants et on en garde un pour soi.
Ritz Paris Le Comptoir, 38 rue Cambon Paris Ie, du lundi au samedi de 8h à 20h. 45 rue de Sèvres, Paris VIe. Du lundi au samedi de 9h à 20h

La Mad’Famille © Vincent Nageotte
Le plus nostalgique : Il était une fois… au Café de la Paix
Pierre Lapin n’a pas pris une ride. Sous les ors du Second Empire, l’œuf du Café de la Paix prend des allures de conte illustré. Une coque en chocolat 63% sertie d’un médaillon façon camée, abrite des fritures aux trois chocolats. Le socle, en ivoire 33 %, dissimule un praliné amande-noisette d’une douceur troublante. C’est beau, c’est sentimental, c’est exactement ce qu’il faut.
Le Café de la Paix, 5 Place de l’Opéra, Paris IXème
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Emma Bentzinger
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